Voyage & Découverte

L’extraordinaire richesse du pays Bara

Le Bara fait partie des dix huit ethnies de Madagascar et occupe presque la totalité de la Région Ihorombe, juste après Ambalavao jusqu’à Sakaraha le long de la RN7 et dont Ihosy étant la capitale régionale. Cette zone est l’une des plus riches de Madagascar en termes de ressources minières, de biodiversité, de sites écotouristiques, d’héritage culturel, etc. Ce billet essaie de résumer en quelques lignes cette  richesse inestimable du peuple Bara.

Andringitra, le deuxième plus haut sommet de Madagascar

Andringitra est surtout connu pour ses zones montagneuses très appréciées par les grands randonneurs et spécialistes de trekking. C’est dans ce massif que se trouve d’ailleurs le plus haut sommet accessible de Madagascar, dénommé le Pic Boby. Les circuits permettent en même temps de découvrir la biodiversité faunistique et floristique endémique qui caractérise le parc national d’Andringitra.

Outre les espèces de lémuriens, on y dénombre plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux, et presque autant de reptiles et d’amphibiens. A cela s’ajoutent les magnifiques paysages ruraux montrant les architectures traditionnelles locales, les champs de culture,  ainsi que les  différents lieux sacrés (forêt, lacs, chutes) dont les interdictions sont farouchement gardées par les populations locales.

Isalo, le premier site touristique malgache

Le parc d’Isalo qui est non seulement le plus fréquenté mais aussi considéré comme le plus beau des parcs nationaux de Madagascar se situe également dans le pays Bara. Cet immense massif de grès érodé offre plusieurs panoramas différents mais incroyablement splendides les uns des autres. Le parc recèle en effet des paysages et atouts touristiques très variés allant des canyons profonds jusqu’aux piscines naturelles sans oublier les grottes et les rivières. Tout au long des circuits, l’on découvre une multitude de plantes endémiques comme les Pachypodiums et des animaux exotiques comme les lémuriens, etc.

Ilakaka, le plus grand gisement de saphir du monde?

Qui ne connait pas encore la mine de saphir d’Ilakaka ? Certains documentaires la présentent même comme étant le plus grand gisement de saphir du monde. L’histoire raconte que tout a commencé par la découverte par hasard vers 1998 d’un caillou aux reflets bleutés par un paysan Bara dans cette zone pratiquement inhabitée à l’époque. Cette découverte a conduit à l’arrivée massive des exploitants de cette pierre précieuse. Cette ruée humaine a ensuite donné naissance à la grande ville d’Ilakaka, cette ville champignon qui est désormais une étape obligatoire pour les touristes empruntant l’axe Grand Sud. C’est une ville désorganisée et très hétérogène, où de très belles villas tout confort appartenant à des riches étrangers acheteurs de saphir se côtoient avec des petites cabanes et des cases d’habitation à l’hygiène épouvantable.

Zombitse Vohibasia, le paradis des oiseaux

Situé à une quinzaine de km de Sakaraha, Zombitse Vohibasia est encore très peu connu par les malgaches, alors qu’il fait partie des parcs nationaux les plus facilement accessibles à Madagascar. Le parc étant pratiquement divisé en deux par la RN7, les circuits débouchent directement sur cette route nationale. Il s’agit d’un complexe forestier composé par les sites de Vohibasia, d’Ihoky Vohimena et de la forêt de Zombitse.

photo 1 (29)

Comme tous les autres parcs de Madagascar, Zombitse Vohibasia héberge également plusieurs variétés de lémuriens dont le Phaner furcifer pallescens et le Lepilemur de Zombitse. Certains groupes de lémuriens viennent souvent près du centre d’accueil du parc, ce qui les rend faciles à observer par les touristes. En outre, plusieurs documents affirment que Zombitse Vohibasia abrite 47% des oiseaux endémiques de Madagascar. Ce site est donc plus connu pour sa grande richesse en oiseaux rares.  L’oiseau emblématique du parc que les guides montrent toujours fièrement est un « oiseau – chat » qui demeure imperturbable malgré la présence  fréquente des visiteurs.

Du point de vue floristique, Zombitse Vohibasia se distingue par l’abondance de l’arbre étrangleur ou Ficus sp que l’on ne rate jamais dans tous les circuits. D’autres arbres comme les grands baobabs ainsi que le Tsitake, le fameux arbre qui sert à confectionner le cercueil  se rencontrent également le long de certains circuits sans oublier les orchidées.

Le vol de zébus, une coutume ancestrale 

Etant surtout des pasteurs semi-nomades, les Bara vouent un véritable culte aux zébus. En effet, le zébu est inséparable à leur culture et leur vie quotidienne. Cet animal prend une place prépondérante dans tous les événements heureux ou malheureux, familiaux ou collectifs, etc. Bien qu’il soit rarement source de revenus pour les familles Bara, le zébu constitue leur premier symbole de richesse. Plus grand est son troupeau de zébus, plus estimé et considéré est son propriétaire.

Corollairement, le vol de zébus devient une nécessité et fait partie des coutumes ancestrales des Bara. La tradition Bara considère même le vol de zébus comme étant un acte de bravoure qui marque le passage à l’âge adulte des jeunes gens, leur permettant en même temps de conquérir le cœur des femmes. Ils sont même initiés à ce genre de pratique par leurs aînés. Il faut souligner qu’une telle tradition est très différente des vols massifs de zébus suivis de crimes perpétrés par des bandes mafieuses armées relatés par les journaux ces derniers temps dans le Sud de Madagascar.

Le vaste plateau d’Ihorombe, objet de toutes les convoitises

Cette grande richesse en zébus est également liée à l’existence de vastes zones de pâturage à perte de vue dans la Région, à l’instar du plateau d’Ihorombe qui constitue une autre grande richesse de cette zone. Le Plateau d’Ihorombe s’étend entre plusieurs villes et plaines à partir d’Ihosy à l’Est, jusqu’à Ranohira à l’Ouest, à Tritriva Kely au Sud et à la plaine de Zomandaho au  Nord, soit une superficie de l’ordre de 7000km². Ce grand plateau fait actuellement l’objet de convoitise de certains investisseurs, qui pour produire du jatropha, qui pour cultiver du maïs à grande échelle, etc.

« Papango », une danse traditionnelle unique

Pour le peuple Bara, les festivités sont toujours accompagnées de danses et de musiques traditionnelles, dont la danse la plus spectaculaire demeure le “Papango”, qui comme son nom l’indique mime le mouvement d’un oiseau prédateur très connu à Madagascar. Les photos ci-après ont été prises lors des fêtes populaires auxquelles j’ai pu assister dans les villages périphériques de Ranohira.

Le « Ringa »

Outre les danses, les luttes à mains nues entre deux hommes ou “Ringa” sont  également très populaires dans cette région. Il s’agit d’un sport spectaculaire pratiqué par les Bara depuis leur jeune âge. Considérés comme de redoutables guerriers, les Bara sont craints de toutes les autres ethnies malgaches. Pendant la lutte, la victoire reviendra à celui qui arrive à faire toucher les deux épaules de l’autre à terre.

 

Publicités

1 réflexion au sujet de “L’extraordinaire richesse du pays Bara”

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s