Voyage & Découverte

A la découverte de Mohéli

Jusqu’ici, le blog de Rasamy a totalement consacré ses articles sur Madagascar. Mais pour une fois, je vous parle dans ce billet d’une île qui bien qu’appartenant à un autre pays reste relativement proche de la côte occidentale malgache, soit à environ 300km de Mahajanga. Il s’agit de Mohéli, l’une des trois îles constituant l’Union des Comores.

D’ailleurs, le premier constat d’un malgache dès qu’il entre sur un territoire comorien, c’est la présence significative de ses compatriotes qui y ont élu domicile que ce soit en Grande Comore, à Anjouan ou à Mohéli. Il n’est pas rare de voir des comoriens parlant couramment la langue malgache. Les restaurants tenus par les malgaches y sont légion. L’île de Mohéli peut être rejointe en bateau à partir de Majunga ou bien en avion à partir d’Antananarivo via Moroni.

Mohéli, une future Réserve de Biosphère ?

Mohéli a toujours été connu pour l’exceptionnelle qualité de son parc marin avec ses splendides atolls très appréciés par ceux qui sont à la recherche d’endroits encore vierges  où le développement du tourisme ne semble être qu’à son stade embryonnaire.

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Depuis 2001 toutefois, le parc ne se limite plus uniquement aux espaces marins, mais englobe un territoire terrestre composé de bassins versants et de crêtes couvrant pratiquement les 3/4 de l’île de Mohéli. C’est donc près de 200 km² sur les 290 km² de l’île qui constitue le désormais Parc National de Mohéli. Une longue procédure serait même en ce moment en cours pour la transformation du parc en Réserve de Biosphère.

La partie marine du parc abrite des espèces faunistiques protégées dont la plus connue étant le fameux Cœlacanthe, le gros poisson préhistorique emblématique des Comores, mais aussi des baleines à bosse qui y passent saisonièrement et quelques individus de Dugong (Dugong dugon).

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Sa partie terrestre est composée de quelques types de formations végétales, notamment les forêts naturelles humides dans lesquelles vivent entre autres une espèce de lémurien (Lemur mongoz)ainsi que la Roussette de Livingstone (Pteropus Livingstonii), la plus grande chauve-souris du monde qui est endémique des Comores.

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Les magnifiques plages et les tortues marines

Pour visiter le parc marin dans la partie septentrionale de l’île, il faut rouler jusqu’au village de Nioumachoi où se trouve le siège de l’institution gestionnaire du parc. De là, les touristes peuvent rejoindre les magnifiques  plages des îlots inhabités, après quelques minutes de traversée en vedette. Ces sept îlots de Nioumachoi sont en effet des lieux très propices aux activités de pêche et de baignade d’autant plus qu’ils sont à l’abri des vents forts.

A l’extrême Sud de Mohéli se déroule une scène particulièrement envoutante qui séduit naturellement les touristes. Il s’agit de la ponte des tortues géantes sur la plage d’Itsamia. En effet, chaque nuit on assiste au spectacle offert par des dizaines d’individus appartenant à l’espèce Chelonia mydasse qui se pressent sur la plage pour pondre leurs œufs.

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Pour faciliter la visite, l’Association pour le Développement Socio-économique d’Itsamia ou ADSEI a érigé un centre d’hébergement et de restauration juste à côté du site d’observation des tortues. Les touristes peuvent ainsi passer la nuit dans l’une des sept chambres très rustiques de ce centre et y déguster un repas traditionnel comorien.

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Outre la ponte des tortues, d’autres attraits touristiques sont également mis en avant dans cette partie australe de l’île, dont la baignade sur d’autres plages plus isolées et la visite du Lac Boundouni qui se localise à environ une heure de marche du centre d’hébergement. Le lac en question est d’autant plus intéressant qu’il est classé site RAMSAR de par son importance écologique pour les oiseaux d’eau.

Au pays de l’ylang ylang

Quel que soit le site que vous comptez visiter à Mohéli, le long de la route nationale qui ceinture l’île, vous ne manquerez pas de voir des unités de distillerie d’ylang ylang, cette plante aromatique très caractéristique des Comores. Ce pays est connu comme étant le premier producteur mondial d’huile essentielle d’ylang ylang. Une petite escale au niveau de l’une de ces unités vous permettra de comprendre le fonctionnement du dispositif artisanal d’extraction d’huile.

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Outre l’ylang ylang, Mohéli est également une zone productrice de cultures de rente comme le girofle et la vanille. Cette île est en même temps considérée comme le grenier de l’Archipel des Comores.

Ni tourisme de masse ni tourisme de luxe 

Etant donné que presque tous les villages de l’île sont situés sur le littoral, la pêche reste l’une des principales activités de production de Mohéli. Aussi, la consommation de poissons est-elle quasi-quotidienne pour les ménages. Il en est de même dans pratiquement tous les restaurants dans la ville et les gargotes dans les villages où le poisson à la façon Mohélienne figure toujours dans le menu. Il s’agit du poisson à la sauce pimentée, avec de l’Ibogo, la banane cuite à la vapeur comme accompagnement.

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En ce qui concerne l’hébergement, seuls quelques hôtels relativement simples existent au niveau de la ville de Fomboni, la capitale Mohélienne, à l’instar du Relais de Singuani. Il ne faut donc pas s’attendre à des établissements hôteliers aux normes internationales à Fomboni. Il en est de même pour les services touristiques et les infrastructures urbaines. La nature et les traditions sont par contre relativement conservées dans l’ensemble de l’île.

En revanche, pour ceux qui ne peuvent se passer du grand confort et du luxe, ils doivent faire la réservation au Laka Lodge. Cet unique écolodge de Mohéli qui s’est implanté juste en face des îlots de Nioumachoua offre à ses occupants outre l’hébergement en pension complète, une plage privée munie de parasols et une plage isolée accessible à marée basse.

Ce billet est pour moi une façon de remercier nos amis Mohéliens pour l’accueil qu’ils nous ont réservés lors de notre séjour à Mohéli dans le cadre d’une mission d’étude relative à un projet de développement financé par un bailleur de fonds international aux Comores.

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2 réflexions au sujet de “A la découverte de Mohéli”

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