Urbanisme, des Collectivités locales en formation

Du 23 au 28 avril 2018 a eu lieu à Antananarivo un atelier de renforcement de capacités des collectivités territoriales décentralisées en matière de planification urbaine. La formation a eu pour objectifs de permettre entre autres aux participants de cerner les enjeux du développement urbain, de comprendre l’importance du diagnostic urbain et de savoir en réaliser, de connaître les grands outils de planification urbaine et d’être capables de discuter avec des spécialistes.

La formation a été destinée aux agents techniques, Maires et/ou autres responsables  (Secrétaire Général, Directeurs, Chefs de service, …) auprès de la Commune Urbaine d’Antananarivo et des Communes périphériques comme Alasora, Sabotsy Namehana, Itaosy, Andoharanofotsy, etc. Des responsables au sein du Ministère chargé de l’Aménagement du Territoire y ont également assisté.

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La formation a été composée de sessions théoriques, d’exercices pratiques et de visites sur terrain. Plusieurs thématiques ont été abordées dont la première concerne les grands enjeux de l’urbanisation dans les villes africaines et à Madagascar.  Des comparaisons ont ainsi été effectuées quand à la ressemblance du déroulement du phénomène d’urbanisation (croissance urbaine, étalement urbain, …) dans plusieurs villes d’Afrique.

Cette thématique a surtout permis aux participants de comprendre les défis de la planification urbaine. Il s’agit d’une part de faire un bilan d’aujourd’hui et d’autre part de prévoir le futur en tenant compte des grands enjeux spatiaux, sociaux, environnementaux et économiques. Parmi les thèmes ayant fait l’objet de larges explications figurent également les outils de planification territoriale à Madagascar (SNAT, PUDi, PUDé, etc.) qui ont été expliqués à l’aide d’exemples concrets.

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L’autre grande thématique a touché le diagnostic urbain. Plusieurs questions ont été pour cela abordées (Comment et pourquoi faire un diagnostic? Que faire?) dans l’objectif de faire comprendre aux participants non seulement l’utilité  du diagnostic mais surtout les données nécessaires pour planifier une ville.

Une visite commentée en bus de quelques quartiers de la Capitale, avec une petite escale dans le quartier des 67ha, a été organisée dans le but de montrer aux participants que toutes les grandes thématiques urbaines qui doivent faire l’objet de diagnostic se trouvent partout, dont: l’assainissement, les zones inondables, les constructions illicites, l’encombrement des voies publiques, les infrastructures, les activités économiques, etc.

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La troisième thématique a eu trait aux questions de mobilité et d’urbanisme. Pour cela, les participants ont été invités à élaborer une stratégie pour résoudre par exemple les problèmes d’embouteillage en ville. Le but ayant été qu’ils comprennent par eux-mêmes qu’il y a des interventions possibles à divers niveaux. Cette session théorique a été également suivie d’une visite d’un quartier pour la présentation d’un concept de promenade collective et communautaire.

La dernière thématique de la formation traitait le volet urbanisme et gouvernance en prenant comme exemple la gestion des inondations. En effet, l’urbanisme ne s’arrête pas à la planification, mais doit aller jusqu’à la mise en oeuvre des plans et des actions. Notons que cette formation a été assurée par deux consultants internationaux avec l’appui de deux consultants nationaux. Elle a été organisée par le M2PATE en partenariat avec l’AFD et l’INDDL.

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Toliara cimetière de projets, ça c’était avant

Dans sa rubrique Aménagement & Urbanisme, le blog de Rasamy s’intéresse surtout aux projets d’aménagement en cours, réalisés et/ou en perspective à Antananarivo mais aussi dans les autres Régions de Madagascar. C’est le cas de ce billet qui vous informe sur les projets d’aménagement et de développement aussi bien en milieu rural qu’urbain, déjà réalisés ou en cours de mise en œuvre dans la Région Atsimo Andrefana.

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Pendant plusieurs années, cette partie Sud du pays a toujours été considérée par de nombreux observateurs comme « un cimetière de projets » du fait de la présence d’une multitude de projets qui y ont été financés par divers bailleurs et/ou par l’Etat mais qui dans leur grande majorité auraient abouti à de très faibles résultats voire à aucun résultat du tout pour certains. Les choses semblent évoluer dans le bon sens depuis quelques années. Vous allez comprendre pourquoi en lisant ce billet, lequel est le fruit de mon récent séjour dans cette Région.

 Un projet d’embellissement de la ville de Toliara

Grâce au projet PIC, la ville de Toliara a connu un changement significatif notamment au niveau du jardin de la mer. Le projet a en effet financé les travaux d’embellissement de cet endroit emblématique de la Cité du soleil dans le but surtout d’y promouvoir les activités touristiques.

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Des jolis pavillons faisant office de lieu de vente de produits artisanaux pour les touristes y sont érigés. L’espace situé derrière ces pavillons a subi une grande transformation pour devenir une aire de repos pour le public mais aussi un site spécialement dédié aux spectacles en plein air. La particularité de ce lieu réside également dans la présence du grand restaurant « Gastro Pizza » qui a ouvert ses portes dans une belle bâtisse située dans ce vaste domaine clôturé.

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Outre l’aménagement du jardin de la mer, le projet PIC a également réalisé des travaux de réhabilitation d’une partie de la voirie urbaine de Toliara. Il s’agit entre autres de la liaison routière urbaine entre la RN7 et la RN9, la rue vers le port de Toliara, la voie menant à l’aire d’embarquement pour le traversier d’Anakao.

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La construction du nouveau marché dénommé Bazary Filongoa entre aussi dans le cadre du projet PIC. De même, d’autres nouveaux bâtiments publics ont été nouvellement construits ou rénovés grâce à ce projet, dont le bâtiment de l’Enseignement technique et le bureau de la Chambre de Commerce et d’Industrie.

Un projet d’assainissement de la ville de Toliara

Toliara a bénéficié d’un autre projet appelé PASSAT qui œuvre dans l’assainissement de la ville par la mise en place de bennes à ordures, la dotation de camions de ramassage de ces bennes et surtout la mise en place d’un centre de transformation des déchets.

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Situé à environ 7km de la ville, ce nouveau centre de stockage et de valorisation de déchets est déjà opérationnel. Toliara est donc la première grande ville malgache dotée d’une telle infrastructure mettant fin à la pratique de décharge sauvage. Une soixantaine de personnes travaillent ici quotidiennement, recyclant les ordures biodégradables et les autres types de déchets comme les plastiques.

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Les déchets sont triés en différentes catégories avant d’être transformés soit en compost, soit en briquettes. Des bassins sont aménagés juste à côté du site pour enfouir les déchets non recyclables. Un canal borde les lieux de dépôts d’ordures pour collecter le « lixiviat », le poison liquide issu du phénomène de lixiviation des ordures. Le compost produit est ensaché pour faciliter son transport et sa mise en vente.

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Le projet de réhabilitation de la RN9

Les travaux de réhabilitation d’une partie de la RN9 reliant Toliara à Morombe sont achevés. Un total de 107km est actuellement complètement bitumé, ce qui rend très facile le déplacement vers l’une des plus belles stations balnéaires de Madagascar, à savoir le site touristique d’Ifaty.

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Si auparavant, il fallait plus de deux heures de temps en voiture pour faire les 30km entre Toliara et Mangily Ifaty, ce trajet se fait actuellement en une quinzaine de minutes. Même les taxis-moto de Toliara, appelés également tuk-tuk n’ont aucun mal à y accéder, au grand bonheur des touristes locaux. Le grand pont de Befandriana Sud, toujours sur cette RN9 est en même temps totalement reconstruit. Les villages traversés par cette route bitumée montrent actuellement un nouveau visage, loin du paysage particulièrement poussiéreux d’antan.

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Des projets de réhabilitation des réseaux hydro-agricoles

De nombreuses infrastructures agricoles sont actuellement réhabilitées dans cette Région Sud-Ouest de Madagascar dont principalement la prise d’eau de Bevoay dans le Bas-mangoky et celle  de Taheza à Bezaha par le biais du projet Priaso. Celle de Bevoay serait la plus grande prise d’eau de Madagascar en ce moment.

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Outre les barrages, ces deux projets ont également réhabilité les canaux principaux d’irrigation d’une longueur respectivement de 40km pour Bas-Mangoky et 25 km pour Taheza. Toutes ces infrastructures étant actuellement fonctionnelles, on s’attend à une augmentation significative de la productivité agricole dans cette région dans les prochains mois et années. Ces travaux de réhabilitation touchent également le réseau hydro-agricole de Manombo.

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D’autres grands projets de développement en cours

Outre l’embellissement de la ville, le projet PIC est aussi en train de financer les travaux de réparation et d’équipement des deux forages utilisés actuellement par la Jirama pour l’approvisionnement en eau de Toliara. Ce projet d’amélioration de la production d’eau consisterait également en  la construction d’une nouvelle conduite maîtresse de 10 km à partir des sites de production de Miary vers un nouveau site de stockage à Antanamitarana.

La ville de Toliara fait également partie des zones d’intervention du PADEVE. Parmi les activités financées dans le cadre de ce programme figure le volet planification urbaine, notamment la mise à jour du Plan d’Urbanisme Directeur (PUDi) de la ville de Toliara. L’étude pour cette révision du PUDi a été lancée au mois de janvier 2018.

Pour terminer, je ne peux pas parler de grands projets en cours dans la Région Atsimo Andrefana sans citer le projet d’exploitation minière actuellement envisagé par la Société Toliara Sands à Ranobe. Soit à une quarantaine de kilomètres seulement de la ville de Toliara.

Ce qu’il faut savoir sur le Lac Mandroseza

Ce billet a pour principaux objectifs, d’une part d’expliquer à mes lecteurs le processus de production d’eau potable par la société JIRAMA dans la ville d’Antananarivo et ses zones périphériques depuis le grand réservoir de Tsiazompaniry en amont jusqu’à la distribution au niveau des ménages en aval, en passant par le bassin de décantation et l’usine à Mandroseza. D’autre part, il vise à conscientiser tant les autorités à tous les niveaux que l’ensemble de la population sur l’importance de la protection des infrastructures et de la préservation du milieu naturel qui assurent la production de cette précieuse ressource.

Du réservoir de Tsiazompaniry jusqu’au Lac Mandroseza

Le site de production d’eau potable de la JIRAMA est localisé à Mandroseza dans la Commune Urbaine d’Antananarivo. Il alimente cette dernière et les zones d’extension urbaine dans un rayon de 15 Km. Le site exploite le lac Mandroseza, un bassin de décantation d’une superficie de 40 ha et de volume estimé à 800 000 m3, qui est alimenté par la rivière Ikopa à travers un barrage de prélèvement avec des systèmes de pompage constitués par 5 pompes.

La première source naturelle en amont de Mandroseza est le Lac réservoir de Tsiazompaniry qui a été aménagé en 1955. Tsiazompaniry est équipé de deux barrages à voûtes multiples et à contreforts construits aux droits de la rivière Varahina Sud et son affluent, la Manandriana. Il fait partie de l’aménagement hydraulique du bassin supérieur de l’Ikopa.

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Antananarivo est ensuite alimentée par les eaux de l’Ikopa qui transitent dans le lac Mandroseza avant d’être traitées puis refoulées par pompage vers les réservoirs dans les villes basses. Pour atteindre les villes hautes, l’eau est reprise par surpression. L’alimentation se fait soit par des branchements particuliers, soit par des bornes fontaines publiques.

La moyenne journalière de la quantité d’eau prélevée par la JIRAMA pour l’agglomération de la capitale est de 192 000 m3 actuellement (pendant le 1er trimestre de l’année 2017). Le débit de pompage de l’eau de l’Ikopa vers le lac Mandroseza est variable, il se situerait entre 6 000 m3/h et 8 800 m3/h. En effet, la capacité du lac et la variabilité de la consommation ne permettent pas de maintenir un débit de pompage fixe. Aussi, le temps de fonctionnement des pompes est variable.

Les infrastructures de l’usine de production d’eau potable de Mandroseza se situent au Nord-ouest du Lac du même nom. Elle abrite un bon nombre de bâtiments et d’infrastructures plus ou moins anciennes ainsi que des zones récréatives et de fonction sociale pour le personnel

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Du Lac Mandroseza jusqu’aux ménages

L’eau brute issue du lac Mandroseza subit trois principales phases bien distinctes : la phase de clarification qui est un traitement physico-chimique, la phase de stérilisation où il y a traitement bactériologique, et enfin la phase de neutralisation.

La JIRAMA dispose dans son usine à Mandroseza trois (03) stations de traitement : celle de Mandroseza I qui a été installée depuis 1927 ; celle de Mandroseza II, construite en 1991 et mise en service en 1993 ; celle de Mandroseza II bis dont les travaux de construction viennent de se terminer en cette année 2017.

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L’usine de traitement des eaux de Mandroseza assure en majorité l’alimentation en eau potable de la ville d’Antananarivo et de certaines zones périphériques. L’eau consommée au niveau des abonnés/consommateurs transite par 32 réservoirs éparpillés dans toute la ville. Certains réservoirs sont liés entre eux. Dix (10) suppresseurs sont installés pour augmenter la pression.

Depuis 1982, quatre autres stations ont été créées pour surtout desservir les zones périphériques, à savoir à Vontovorona, Faralaza, Sabotsy Namehana et Ankadivoribe. La répartition géographique du réseau de distribution pour Antananarivo est subdivisée en huit grandes zones. Seul réseau de Vontovorona est indépendant et n’est pas connecté aux réseaux Grand Tanà.

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Lac Mandroseza, menacé par une urbanisation sauvage?

Le Lac Mandroseza, en tant que source de captage des eaux potables à grande échelle, est classé « zone sensible ». En conséquence, il doit être instauré par voie réglementaire le périmètre de protection du Lac de Mandroseza du fait de son caractère tant particulier que stratégique.

Des documents font également mention de la délimitation au niveau de l’Ikopa des zones de protection immédiates sur 25 m des deux rives juste avant le barrage jusqu’au pont d’Ambohimanambola. On cite par ailleurs l’interdiction de toutes activités sur le bas fond où la nappe est à un niveau statique de 0 à 1m, protection rapprochée sur toute la zone où la nappe est entre 1 à 5m, où les activités doivent être réglementées.

Depuis les années 1990, le bassin versant de Mandroseza connaît toutefois une augmentation importante de son urbanisation. La surface urbanisée est par exemple passée de 30.95 Ha en 2002 à 53.65 Ha en 2016 (Image: situation 2016).

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Comme principale cause est l’absence de protection particulière (physique) de la zone. De l’autre côté, sur le plan foncier, les terrains se trouvant sur les flancs, relèvent en grande partie de la propriété privée ce qui a rendu difficile l’interdiction de construction de bâti. Les zones à proximité immédiate du Lac Mandroseza sont constituées par les fokontany situés autour du site : Fokontany de Mandroseza Cité, Fokontany Andohan’i Mandroseza, Fokontany Ambohimiandra, Fokontany Ambatoroka.

Cette urbanisation sauvage se traduit par la création des réseaux d’assainissement, plus ou moins unitaires, en souterrain. Les eaux usées et les eaux pluviales des habitations sur les flancs Nord et Ouest sont conduits directement dans le lac. Ce qui peut avoir des conséquences sur les écosystèmes du lac.

Actuellement, le bassin Nord-Ouest est complètement urbanisé en aval dans la mesure où la vue sur le lac est un critère recherché qui fait augmenter les enchères du foncier. On aperçoit par ailleurs des champs de culture qui tendent à devenir disséminés à cause des nouvelles constructions qui poussent. Sur les berges du lac, des superficies sont transformées en terrain de culture, notamment des cultures maraîchères comme les brèdes, haricot, salades et autres ainsi que des cultures de taro.

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Lac Mandroseza, menacé par l’envasement ?

Compte tenu de la vétusté des infrastructures de production d’eau de la JIRAMA, des problèmes d’approvisionnement en eau potable de la ville d’Antananarivo ne cessent de se manifester, comme la destruction des tuyaux d’adduction d’eau, la perte d’eau en raison des fuites, le faible débit de l’eau, etc.

Par ailleurs, l’accroissement démographique et l’extension de la ville vers la périphérie augmentent le besoin en eau de la population. De ce fait, les infrastructures existantes n’arrivent plus à satisfaire les besoins de la totalité de la population de la ville d’Antananarivo et ses environs.

L’envasement du lac de Mandroseza est également un sérieux problème à soulever. Les relevés bathymétriques effectués depuis 2000 permettent de mieux appréhender ce phénomène. En effet, ces derniers affichent une augmentation remarquable du niveau d’envasement. Si la profondeur maximale du Lac Mandroseza était de 7,37m en 2000, actuellement elle serait de l’ordre de 4,25m.

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Le processus d’érosion en amont du Lac a eu des répercussions importantes dans le processus de sédimentation. La turbidité de l’eau pourrait devenir de plus en plus chronique, à cause des multiples usages par les riverains sur l’Ikopa, d’Ambohimanambola jusqu’à Mandroseza.

Parmi les pratiques rencontrées le long de la rivière avant le déversoir de captage, on cite le lavage de voiture, la lessive, l’extraction de sable, l’agriculture, le pâturage, etc. Ces activités pourront fragiliser progressivement ainsi les berges, lesquelles s’accentuent en saison de pluie. En outre, les installations résidentielles aux alentours ont également leur rôle à jouer dans ce phénomène.

Bien que cette vitesse de sédimentation soit déjà modérée suite aux opérations de curage du lac entreprises déjà tous les ans, le niveau d’eau contenue dans le lac baisse au fil des années. Le graphique ci-après illustre cette diminution de la profondeur du lac Mandroseza de 2000 jusqu’en 2016.

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Des mesures d’urgence à prendre ?

Comme première mesure, la mise en place d’un périmètre de protection immédiate du Lac Mandroseza s’avère indispensable afin de limiter toute forme d’urbanisation dans cette zone. L’application d’une telle mesure incombe aux responsables de la CUA et du ministère en charge de l’aménagement du territoire.

Par rapport à l’envasement du Lac Mandroseza, des mesures d’atténuation sont à appliquer immédiatement et elles sont de deux natures, lesquelles étant complémentaires : la première consiste à éliminer les dépôts au fur et à mesure de leur arrivée; d’un autre côté, on peut limiter leur arrivée, soit empêcher la formation des boues.

Un des meilleurs moyens de cette deuxième solution est d’établir des obstacles simples (exemple des petits barrages en gabions), au niveau du captage, afin d’y briser la force de ruissellement de l’eau. Une autre réponse est d’installer déjà à quelques kilomètres en amont du point de captage des séries de plages d’épandages, lesquelles vont retenir une bonne partie des sédiments entraînés par le courant d’eau. L’évacuation des sédiments semble assez dispendieuse, mais au stade actuel, il s’agit de la mesure la plus efficace pour réduire rapidement le niveau d’envasement.

Le reboisement constitue une autre alternative pour freiner l’érosion en amont, et ainsi pour retarder l’envasement.  L’effet du couvert végétal à Tsiazompaniry (reboisement après la création du barrage) a déjà contribué à une certaine stabilité des sols dans cette zone. Mais les faibles précipitations peuvent également être à l’origine de cette faible érosion.

Urbanisme, une lueur d’espoir pour Antananarivo?

A ma connaissance, Antananarivo n’a jamais fait l’objet d’autant de projets d’aménagement et d’urbanisme de grande envergure avec l’appui financier de différents bailleurs de fonds. Aussi, à travers ce billet je vous invite à prendre connaissance de ces projets qui sont en cours de préparation et/ou d’exécution dans la ville d’Antananarivo et ses zones périphériques.

Le PIAA

Le PIAA ou Programme Intégré d’Assainissement d’Antananarivo est financé par l’Agence Française pour le Développement (AFD). Entrant dans le cadre général de la politique et stratégie nationales de l’assainissement (PSNA), ce programme  concerne à la fois les eaux pluviales, les eaux usées et les excrétas. Le PIAA vise entre autres l’amélioration de la situation d’Antananarivo en étudiant de manière précise les causes des inondations et en réalisant des investissements prioritaires.

Récemment, une conférence intitulée « Inondations des bas quartiers d’Antananarivo, une fatalité ? » a vu la participation des différentes parties prenantes à la mise en œuvre de ce programme. Cette conférence qui a été particulièrement intéressante, surtout après les problèmes d’inondations que nous avons vécus au début de cette année à Antananarivo, a donné une occasion d’une part aux experts recrutés dans le cadre du PIAA de partager avec le grand public la connaissance qu’ils ont acquise sur la problématique, et d’autre part au public de poser des questions aux principaux acteurs de l’assainissement à Antananarivo.

Aussi, après plusieurs mois d’études techniques, un expert a développé devant le public les raisons de la situation actuelle (inondations) et les solutions d’amélioration envisageables sur le court et le moyen termes. Il en ressort que les inondations à Tanà ne sont pas une fatalité, des axes d’amélioration sont possibles, les solutions techniques existent, mais il faut comme on ne cesse de le rappeler une forte volonté politique des dirigeants de la ville et du pays. On attend donc les résultats concrets de ce PIAA.

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Projet Rocade Nord-Est

L’autre projet d’envergure est la construction de la rocade Nord-Est reliant le marais Masay et le By-pass en passant par Nanisana, Ankerana et Ambohimangakely, soit une longueur totale de 8 km. Ce sera donc une connexion directe entre la RN2 et la RN3. Outre les deux fois deux voies, la rocade devrait également comprendre des trottoirs, des pistes cyclables, des arrêts bus et un réseau d’éclairage public.

Ce projet est financé conjointement par l’AFD et la Banque Européenne d’Investissement (BEI) pour un montant total de 62 millions d’euros. Mais on attend toujours le début des travaux après la signature de l’accord relatif au financement de ce projet entre les bailleurs et l’Etat malgache qui a eu lieu en 2016.

De nombreuses études ont déjà été menées dans le cadre de ce projet dont celles relatives au recensement des Personnes Affectées par le Projet (PAPs). Récemment, les réunions de consultations publiques organisées par l’Office National pour l’Environnement dans les Districts traversés par cette Rocade ont permis de connaître qu’il faut quelque 19 milliards d’Ariary pour l’indemnisation de ces PAPs suite à l’expropriation de leurs terrains.

On attend également avec impatience la concrétisation de ce projet qui devra résoudre de manière significative les problèmes d’embouteillages dans l’agglomération d’Antananarivo.

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Projet TATOM

L’autre projet que j’ai déjà développé sur ce blog s’intitule Projet TATOM (lire ici), cette fois avec l’appui technique et financier du Japon. Parmi les actions de ce projet figure le renouvellement du Plan d’Urbanisme Directeur du Grand Tanà. Ce dernier remplacera le PUDi 2004 dont la carte suivante en est un extrait. Un Plan d’Urbanisme Détaillé ou PUDé pour une zone qui reste encore à définir dans la ville d’Antananarivo fera également partie des réalisations du projet TATOM.

Une grande réunion qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet s’est tenue récemment au café de la gare avec la participation de nombreux acteurs tels que le MEPATE, des architectes et urbanistes, la CUA, etc.

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 Projet PRODUIR

Le dernier projet en date qui vient récemment de démarrer est le projet PRODUIR ou Projet de Développement Urbain et Résilience du Grand Antananarivo. Financé à hauteur de 60 millions USD par la Banque Mondiale, ce projet consiste en l’amélioration des conditions de vie de la population de la Commune Urbaine d’Antananarivo et d’une trentaine d’autres communes qui l’entourent.

Parmi les actions s’inscrivant dans le cadre du projet PRODUIR, on cite la réhabilitation des ruelles, la mise en place d’espaces de loisirs, la valorisation des activités agricoles, etc. Mais le projet PRODUIR financera également des études et des travaux d’urbanisme, de résorption des quartiers précaires et d’ingénierie sur les zones concernées.

Pour la première fois de son histoire, on parle donc d’un projet de résorption des quartiers précaires à Antananarivo. Certains pays africains à l’instar du Maroc ont déjà vu certaines de leurs villes ayant changé de visage grâce à ce genre de projet.

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Une volonté politique réelle?

Ces projets sont une aubaine pour l’Etat Central à travers le Ministère chargé de l’aménagement du territoire qui semble avoir le quasi-monopole dans leur gestion. Mais ils devraient surtout l’être pour la Commune Urbaine d’Antananarivo, la zone directement concernée. Cette dernière semble toutefois être marginalisée dans la prise des grandes décisions lors de leur préparation. En même temps, des doutes persistent sur la capacité du Maire à maîtriser l’envergure de ces projets.

Je trouve dommage que ces deux entités ne sont pas souvent sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la gestion de la ville d’Antananarivo. D’aucuns constatent les conflits manifestes entre les deux parties depuis l’élection du Maire d’obédience TIM à Tanà. Les choses risquent même d’empirer après cet évènement du samedi 8 juillet dernier qui s’est soldé par des mouvements de rue dans la ville d’Antananarivo. Leurs grandes et constantes divergences de points de vue risquent toutefois de conduire à l’échec de ces programmes, notamment si le côté politique l’emporte toujours sur les aspects techniques.

Les financements sont donc là, il faut une réelle volonté politique du Pouvoir Central et de la CUA pour la réussite de ces projets d’urbanisme et d’aménagement et ce, pour le bien de la ville et de la population d’Antananarivo ainsi que de ses zones d’influence.

Un nouveau complexe sportif unique en son genre à Madagascar

Comme je l’ai déjà indiqué dans la page « pourquoi ce blog ? », le blog de Rasamy a pour principale vocation de faire découvrir à ses lecteurs des images positives de Madagascar à travers des billets qui racontent ce que j’ai vu de beau et magnifique lors de mes périples dans les différentes Régions de la Grande île. Aussi, je consacre de nombreux articles sur les facettes et les tendances les plus positives de mon pays. D’autant que de nombreux sites et blogs font déjà de leur mieux pour parler de ce qui ne va pas. Certains se sont même spécialisés dans ce domaine.

Récemment, dans le cadre de la célébration de son 25ème anniversaire, l’Institut Supérieur de Technologie d’Antananarivo a organisé une journée récréative dans un lieu extraordinaire où je n’avais jamais mis les pieds. J’ai été très impressionné par ce que j’ai vu, au point qu’il m’est impossible de ne pas en parler sur ce blog, et ce même si de nombreux médias se sont déjà fait l’écho de ce site.

Il s’agit du nouveau complexe culturel et sportif de la CNAPS à Vontovorona, soit à une quinzaine de kilomètres de la ville d’Antananarivo sur la RN1. Unique en son genre à Madagascar, bâti sur un domaine de plusieurs hectares, ce complexe est composé de nombreuses infrastructures que je vous invite à découvrir dans ce billet.

Un stade de foot aux normes internationales

Le stade de foot du complexe de Vontovorona n’a rien de comparable avec les stades soi-disant « manara-penitra » construits récemment à Madagascar. La vue de la pelouse, de la tribune centrale et des gradins qui peuvent accueillir jusqu’à 15.000 spectateurs donne immédiatement l’impression d’un travail bien fait respectant les normes en la matière.

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Ce terrain qui figure d’ailleurs parmi les rares pelouses synthétiques à Madagascar est entouré d’une piste d’athlétisme formée de huit couloirs . Bref, nous avons ici une infrastructure moderne digne de notre époque où les équipes et athlètes malgaches peuvent pratiquer leurs disciplines respectives dans des meilleures conditions.

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Un grand gymnase moderne

Outre le stade de foot, la CNAPS n’a visiblement pas lésiné sur les moyens pour la construction d’un gymnase qui fait également partie des installations sportives impressionnantes du Complexe. Doté de quelques milliers de places, ce gymnase peut facilement accueillir des grandes compétitions aussi bien nationales qu’internationales de basket-ball, de volley-ball ou d’handball.

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Une piscine olympique

Un autre gymnase est consacré uniquement à la natation. C’est une piscine olympique couverte et chauffée permettant donc aux nageurs malgaches d’évoluer également plus ou moins dans la même condition que ceux des pays développés. Ouverte tous les jours, la piscine est accessible au public, avec un prix d’accès de 10.000 ariary.

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D’autres terrains de sport et de loisirs accessibles au public

Le complexe dispose également d’autres terrains de sports tels qu’un boulodrome, six courts de tennis, des terrains de basket-ball et de handball. Ce qui fait que cet endroit est très propice à des journées récréative et sportive pour les associations, les institutions ou tout simplement en famille.

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Un centre d’hébergement et un restaurant

Comme il s’agit en même temps d’un centre de loisirs, une assez vaste aire de jeux pour les enfants se situe à l’entrée du site. Quelques bungalows, ayant une belle vue sur le stade de foot sont érigés à l’intérieur du Complexe. Ce centre d’hébergement est particulièrement utile pour ceux qui comptent y passer la nuit, le restaurant est cependant ouvert seulement pendant le week-end. Notons qu’un hôtel de luxe de plusieurs étages y est aussi en cours de construction.

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Les coûts de ces investissements sont bien évidemment énormes. Des questions se posent naturellement sur leur rentabilisation, d’autant plus que l’argent utilisé vient de la cotisation des travailleurs affiliés à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale. Toutefois, quoi qu’en disent ses détracteurs, ce Complexe culturel et sportif qui a le mérite d’être le premier du genre se révèle plus qu’un modèle à Madagascar. Il incombe aux dirigeants de la Cnaps de tout faire pour sa valorisation et sa pérennisation. On ne peut espérer un développement considérable du sport sans penser à construire de telles infrastructures pour les jeunes.

S’il est une critique à émettre sur ce complexe, je cite premièrement l’absence flagrante de zones boisées. Deuxièmement, l’on remarque à vue d’œil un taux trop élevé d’imperméabilisation du sol, pratiquement tous les espaces « libres » en dehors de l’aire de jeux pour enfant étant bitumés. Enfin, la route d’accès vers le site, actuellement trop poussiéreuse et en partie en très mauvais état, ne valorise pas du tout les nouveaux atouts de ce quartier en perpétuelle évolution.