Validation des Acquis de l’Expérience à l’IST Tanà

A Madagascar, la Validation des acquis de l’expérience ou VAE est un projet pilote du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESUPRES). Elle consiste à accorder une valorisation académique des acquis des expériences professionnelles.

Il s’agit pour le moment d’un processus de délivrance de Diplôme de Technicien Supérieur (BAC + 2) par l’Institut Supérieur de Technologie d’Antananarivo (IST Tanà) qui a été désigné par le MESUPRES comme « Institution pilote » pour ce projet. L’IST Tanà est donc jusqu’à ce jour le seul établissement d’enseignement supérieur autorisé officiellement par l’Etat pour l’application du système de VAE.

Pour des personnes expérimentées mais sans diplôme universitaire

Ce système de VAE s’adresse à des employés des entreprises publiques et privées qui n’avaient pas eu la possibilité de poursuivre leurs études universitaires pendant leur jeunesse pour diverses raisons mais qui ont déjà acquis une dizaine d’années d’expérience professionnelle dans leur domaine d’activités. Il va de soi qu’un âge minimum est requis pour être candidat à la VAE, outre la possession du diplôme de baccalauréat scientifique ou technique.

Le principe consiste donc à obtenir un diplôme universitaire sans avoir effectué la formation correspondante, mais avec une dizaine d’années d’expérience professionnelle rémunérée ou bénévole. Aussi, les candidats à la VAE ont-ils la possibilité d’obtenir une certification complète ou partielle de leurs compétences.

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Ce système de VAE constitue une grande opportunité pour des personnes expérimentées mais non diplômées, leur permettant entre autres : d’acquérir une reconnaissance personnelle, d’obtenir une certification correspondant au niveau réel de leur qualification, de se mettre en conformité avec la législation afin de conserver son emploi, voire d’envisager une possibilité de reconversion.

Plusieurs étapes à suivre

Le processus comprend plusieurs étapes allant du dépôt de dossier de candidature jusqu’à la prise de décision par un Jury VAE.

La première étape du processus concerne l’inscription ou le dépôt de dossier de candidature. Pour cela, une unité responsable de VAE au sein de l’IST Tanà se charge de l’accueil et de l’information des candidats sur la démarche à suivre pour le processus VAE. La demande de validation des acquis de l’expérience étant une démarche individuelle, le candidat doit en premier lieu remplir un dossier de recevabilité, appelé « Livret 1 ».

Ce dossier qui constitue la demande de VAE doit contenir une mention du diplôme choisi par le candidat, une demande manuscrite, une présentation de son parcours professionnel et des activités exercées en rapport avec ce diplôme, et les formations auxquelles il a déjà participé. Des pièces justificatives sont exigées dont notamment les documents attestant les dix années, au moins, d’expérience professionnelle.

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La deuxième étape consiste en la vérification et l’examen de la complétude du dossier de recevabilité, de l’authenticité des documents et des pièces justificatives, de la durée et de la pertinence des expériences par rapport au diplôme visé. Un Jury VAE statue ensuite sur la recevabilité du dossier. Seuls les candidats qui ont reçu une attestation de recevabilité de leur dossier peuvent poursuivre les prochaines étapes du processus VAE.

La troisième étape du processus correspond à l’établissement du dossier de validation. Aussi, après paiement du droit à la VAE, le candidat est invité à retirer le document de validation appelé « livret 2 ». Il incombe ensuite au candidat de remplir ce document afin de prouver qu’il a bien acquis les compétences nécessaires pour la certification grâce à ses expériences professionnelles. Les activités qui ont été déjà entreprises par le candidat doivent ainsi être développées de manière détaillée dans ce document.

Pour ce faire, le candidat bénéficie l’appui de deux accompagnateurs habilités VAE, dont un accompagnateur pédagogique et un accompagnateur professionnel. Outre l’appui au remplissage du livret 2, l’accompagnement porte également sur la constitution des pièces justificatives et la préparation à l’entretien individuel devant le jury.

La quatrième étape du processus VAE est l’évaluation des acquis proprement dite. L’objectif étant de déterminer si les acquis de l’expérience du candidat correspondent bien au référentiel (connaissances, compétences, aptitudes) du diplôme visé. Tout d’abord, les membres de jury examinent et analysent le dossier de validation. Ensuite, le candidat présente et soutient son dossier devant un Jury.

Après cet entretien individuel, un test pratique peut également être exigé par les membres du jury. Cette épreuve pratique est un autre moyen d’évaluer la compétence réelle du candidat.

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La validation des acquis comprend ainsi à la fois un test d’évaluation, un examen du dossier, un entretien individuel, un questionnement sur les pratiques décrites dans le dossier ainsi qu’une évaluation des aptitudes et des compétences.

La validation des acquis par le Jury

La prise de décision du Jury constitue la cinquième étape et termine la partie évaluative du processus de la VAE. Pour ce faire, le Jury applique une grille d’évaluation à toutes les informations qui ont été fournies par le candidat aussi bien dans son dossier de validation que durant l’entretien individuel, et aux résultats de l’épreuve pratique.

Le Jury de VAE prendra enfin l’une des trois décisions suivantes dans le respect de la déontologie de la VAE.

Soit il valide en totalité les acquis de l’expérience du candidat et lui attribue la totalité du diplôme qui est identique à celui obtenu dans le cadre d’une formation classique.

Soit il valide seulement une partie des acquis de l’expérience du candidat et lui attribue seulement une partie du diplôme avec d’une part la recommandation de compléter les compétences qui lui manquent, par une formation ou des expériences professionnelles supplémentaires, et d’autre part la liste des compétences validées.

Soit il décide qu’il n’y a aucune validation des acquis de l’expérience du candidat et refuse ainsi de lui attribuer le diplôme.

La première promotion, sortie en 2018, issue de ce système de VAE de l’Institut Supérieur de Technologie d’Antananarivo a été composée de vingt diplômés et concernait  uniquement les parcours « Bâtiment » et « Travaux Publics » dans l’Ecole du Genie Civil.  Le système s’est étendu à d’autres parcours pour cette année 2019, à savoir  le parcours  « Génie Industriel en Maintenance » pour l’Ecole du Génie Industriel, et les parcours « Finance et Comptabilité » et « Marketing et Commerce » pour l’Ecole du Génie du Management d’Entreprises et du Commerce.

Rasamy

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Parc de Mitsinjo, concilier conservation et développement à Madagascar

Ma dernière visite à Andasibe, l’un des sites touristiques les plus connus de Madagascar remonte déjà à 2015. Un billet a d’ailleurs été consacré à ce site d’Andasibe sur ce blog. Cette fois, je vous invite à acquérir de plus amples connaissances sur le Parc de Mitsinjo, dans lequel nous venons de passer un agréable moment en compagnie d’un guide local. Le Parc de Mitsinjo fait partie intégrante du massif forestier d’Andasible.

Un lieu idéal pour observer les « babakoto » plus tranquillement

Créé et géré depuis 1999 par une association locale du même nom, le Parc de Mitsinjo est situé juste en face de la Réserve Spéciale Andasibe et du Parc National Mantadia. Ces derniers sont sous la gestion de Madagascar National Park’s (MNP).

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Par rapport aux sites gérés par MNP, le Parc de Mitsinjo est visiblement moins fréquenté. La forêt est donc plus calme, et vous aurez l’occasion d’observer plus tranquillement les lémuriens emblématiques de cette zone, à savoir les Indri indri, sans avoir à partager ce moment de bohneur avec plusieurs autres touristes munis chacun de leurs appareils photographiques en même temps.

Mitsinjo propose plusieurs circuits d’une durée variant d’une à cinq heures. Si vous n’avez pas suffisamment de temps, le plus court circuit qui se fait en deux heures maximum vous permettra déjà de rencontrer au moins un groupe de ces fameux lémuriens appelés localement Babakoto, le plus grand lémurien de Madagascar. Vous  entendrez en même temps leurs cris puissants couvrant toute la forêt. Un groupe étant composé de quelques individus, il vous est même possible de savourer le spectacle offert par un bébé Indri indri s’agrippant sur le dos de sa mère.

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D’autres groupes faunistiques peuplent le parc de Mitsinjo mais leur probabilité d’observation dépend beaucoup de l’heure à laquelle vous entamez votre visite. Les oiseaux sont par exemple très actifs et plus facilement repérables tôt le matin. Le parc de Mitsinjo se distingue également par sa richesse en caméléons mais aussi en d’autres reptiles, sans oublier les petits batraciens endémiques malgaches qui se cachent sous les feuilles des pandanus.

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La plaisir de marcher en forêt

Bien qu’il ne s’agisse en grande partie que d’une forêt secondaire, le parc de Mitsinjo présente toujours des espèces d’arbres typiques de la forêt primaire de l’Est de Madagascar, à l’instar des palissandres. Les différents sentiers du parc ont été aménagés de façon à rendre la visite plus pratique et confortable tout en permettant aux touristes d’apprécier les grandes variétés botaniques du parc.

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Marcher au milieu de cet environnement naturel procure une sensation de bien être. Cela donne aux visiteurs l’occasion de respirer de l’air pur, de se ressourcer loin du brouhaha des villes tout en pratiquant de l’exercice physique, et ce à une centaine de kilomètres seulement d’Antananarivo, la Capitale de Madagascar.

Les circuits proposés par Mitsinjo incluent la visite du parc des orchidées dont l’association est également en charge conjointement avec Madagascar National Park’s. Vous trouverez ici des espèces endémiques très variées de ces plantes généralement épiphytes. Le long d’un sentier spécialement aménagé autour d’une agréable zone marécageuse, vous pourrez admirer des orchidées dans leur état naturel accompagnées chacune par une planche détaillant leurs caractéristiques floristiques et/ou écologiques.

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De l’écotourisme vers le développement durable  

Outre sa vocation de conserver et de valoriser la biodiversité, l’association Mitsinjo vise également à améliorer le niveau de vie de la population riveraine du Parc. L’écotourisme fait déjà vivre une vingtaine de jeunes recrutés localement, travaillant comme guides touristiques. Votre visite contribuera donc davantage à l’amélioration des conditions de vie de ces ménages, mais aussi à la mise en oeuvre des activités de conservation du parc.

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Parmi les importantes actions de l’association figure la reforestation à travers l’installation de pépinières pour la production de plusieurs dizaines d’espèces autochtones, suivie de leur plantation sur des zones dégradées dans et à l’extérieur du parc. L’une des particularités du parc de Mitsinjo est d’ailleurs l’existence d’un circuit spécifiquement dédié au reboisement par les touristes. Ces derniers peuvent ainsi à la fois faire une randonnée et planter des arbres sur un itinéraire donné.

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L’autre grand volet du programme de l’association concerne l’éducation environnementale. Pour cela, Mitsinjo reçoit annuellement des centaines d’élèves et d’étudiants issus de différents établissements d’enseignement publics ou privés répartis dans plusieurs régions du pays. Des infrastructures d’accueil simples  sont prévues à cet effet dont une grande salle pouvant servir de dortoir et des abris pour tentes. Ces infrastructures sont équipées d’installations électriques, d’eau courante et de toilettes.

L’Association Mitsinjo a également contribué à la promotion de l’agriculture durable dans sa zone d’intervention à travers la formation des paysans et la diversification des activités génératrices de revenus (miel, fruits, légumes, volailles), etc. Elle dispose en outre d’une boutique pour la vente des produits artisanaux malgaches. Toutes ces actions sont menées parallèlement avec des activités de recherche et de suivi écologique. Bref, nous avons ici un bel exemple de la conciliation entre la conservation de la biodiversité et le développement socio-économique.

Comment intégrer la dimension environnementale dans un grand projet de constructions scolaires?

Après les ingénieurs des bureaux d’études et les responsables ministériels qui ont été chargés de la mise en oeuvre du projet PAUET en 2016, puis les acteurs de la mise en oeuvre du suivi environnemental dans le cadre du projet PRIASO en février 2018, ce sont les ingénieurs recrutés dans le cadre d’un nouveau  projet appelé PAEB qui viennent de suivre une formation en environnement octroyée par l’auteur de ce blog.

Le PAEB ou Projet d’Appui à l’Enseignement de Base  est actuellement en cours de mise en oeuvre au sein du Ministère de l’Education Nationale (MEN), avec l’appui financier de la Banque Mondiale et du Partenariat Mondial pour l’Éducation (GPE). Ce projet vise principalement à améliorer l’apprentissage et la promotion dans les deux premiers sous-cycles de l’enseignement de base à Madagascar.

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Pour cela, le projet comprend quatre composantes principales dont la composante 2 qui consiste essentiellement en la construction de 800 salles de classes équipées de mobiliers scolaires ainsi que l’installation de latrines et des points d’eau. Ces infrastructures scolaires seront prévues pour être installées sur 400 sites répartis dans plusieurs régions de Madagascar.

Ces nouvelles infrastructures devraient bien évidemment contribuer à l’amélioration de la fréquentation scolaire et à la réduction des abandons. Mais certaines activités  liées à leur construction peuvent également générer des impacts négatifs sur les milieux naturel et humain qu’il ne faut pas négliger.

Les préoccupations environnementales et sociales liées à la mise en œuvre des activités de constructions scolaires du PAEB recommandent ainsi l’organisation d’un atelier de renforcement des capacités des acteurs impliqués dans la gestion technique, environnementale et sociale du projet,  et ce conformément aux politiques de sauvegardes environnementale et sociale de la Banque Mondiale.

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Le projet PAEB a procédé au recrutement de 22 ingénieurs en vue surtout de bien gérer, suivre et contrôler la réalisation de ces travaux de construction d’infrastructures scolaires tant sur le plan technique qu’environnemental.  Ces ingénieurs ainsi que d’autres responsables  du projet PAEB et du MEN au niveau central ont de ce fait suivi une formation relative à l’intégration de la dimension environnementale dans les activités du projet.

Organisé par la Direction du Patrimoine Foncier et des Infrastructures du MEN, cet atelier de formation s’avère être une nécessité pour ces acteurs qui sont confrontés souvent au manque d’expertise quand il s’agit d’élaborer des documents d’évaluation  environnementale des projets ou pour assurer le contrôle et la surveillance afin de voir si les clauses environnementales et sociales sont appliquées correctement par les entreprises titulaires des travaux.

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La formation d’une durée de deux jours qui a eu lieu à Mahajanga du 25 au 26 septembre 2018 a poursuivi trois objectifs spécifiques. Premièrement, il s’agit de transmettre aux participants les concepts relatifs aux aspects environnementaux et sociaux  dans le cadre d’un projet de constructions scolaires.

Deuxièmement, le programme de formation ambitionne de familiariser les participants sur les pistes d’intégration de la dimension environnementale durant toutes les phases du projet depuis la phase de préparation  jusqu’à la réception des infrastructures en passant par la phase de contrôle et de surveillance des travaux. Troisièmement,  la formation vise à montrer l’importance du suivi environnemental lors de l’exécution du projet.

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Les premiers modules de la formation ont traité les enjeux environnementaux et sociaux du projet, les méthodes d’identification et d’évaluation des impacts négatifs potentiels et les mesures d’atténuation y afférentes à prendre.

Les modules suivants ont eu trait aux réglementations environnementales nationales applicables au projet ainsi que les directives et les outils de sauvegarde de la Banque Mondiale dont la procédure de sélection environnementale des sous-projets,  les responsabilités de chaque entité durant la phase de mise en œuvre, et les dispositions à prendre selon les documents cadres (CGES et CPRP) du projet.

Les dernières parties du programme consistaient en l’explication des bonnes pratiques environnementales et sociales et le contrôle environnemental sur les chantiers, et surtout la mise en oeuvre du suivi environnemental.

Soie sauvage, un moyen pour préserver les mangroves de Madagascar ?

Ce billet résulte d’une visite que nous avons effectuée dans la Commune Rurale de Boanamary dans le cadre d’une étude en vue du développement de la chaine de valeurs soie sauvage de mangroves dans la Région de Boeny.

En quittant la ville de Mahajanga, si vous suivez la RN4 en direction de Tanà sur une distance de 18km, puis vous allez bifurquer à droite et suivre une piste d’une longueur de 18 km également, vous arriverez dans la Commune rurale de Boanamary.

Ville Boanamary

Village de Boanamary

Cette bourgade rurale, d’une population de 10.000 habitants, a été auparavant l’une des Communes rurales les plus industrialisées de Madagascar. Elle avait en son sein entre autres une usine de conserverie de viandes, un port en eau profonde et une grande cimenterie du groupe Lafarge. Malheureusement, de toutes ces infrastructures, il n’en reste plus que des ruines. Même l’ancienne belle route goudronnée pour y accéder est devenue difficilement praticable. Une vraie dégringolade, à l’image du pays tout entier.

Suite à la disparition de ces industries (la cimenterie a cessé de fonctionner depuis 2004), la population locale s’est tournée vers la pêche dans la Baie et surtout vers l’exploitation illicite des mangroves pour la production de charbon de bois. D’où une forte dégradation de ce type de forêt et de sa biodiversité.

Lafarge

Ancienne cimenterie

L’une des rares choses positives actuellement est le développement de la filière soie sauvage grâce à l’initiative d’une association des femmes. Eh oui, d’habitude dès qu’on parle de soie sauvage à Madagascar, l’on pense immédiatement à la forêt de Tapia dans l’Itasy ou à Amoron’i Mania sur les Hautes Terres malgaches. Peu de gens savent l’existence de soie sauvage de mangroves.

Boanamary, le centre de production de soie sauvage de mangroves dans tout Madagascar

La soie sauvage est un fil produit par une chenille séricigène appelée Borocera madagascariensis. De la famille de Lasiocapidea, cette espèce est endémique de Madagascar et elle colonise principalement les forêts de Tapia.  La chenille est très nuisible par son action défoliatrice. Plus concrètement, elle consomme en abondance les feuilles des arbres de sa zone d’habitat.

Ici, il n’y a pas de forêt de Tapia, mais le ver à soie se développe en abondance sur les mangroves. Cette filière constitue une source de revenus secondaire pour plusieurs dizaines de ménages qui y interviennent depuis la collecte des cocons jusqu’au tissage en passant par leur transformation en fil de soie. L’atelier de tissage se trouve par contre à Mahajanga.

Soie sauvage

Soie sauvage de mangrove

L’exploitation de la soie sauvage de mangroves par la collecte des cocons y datait au temps de la royauté pour alimenter les ateliers régionaux des Hautes Terres (Régions de l’Imerina et du Betsileo). Cette collecte fût abandonnée au milieu du XXè siècle pour se reprendre au cours des dix dernières années sous la conduite d’une association dénommée FEEM ou Femme Entrepreneurs et Environnement de Mahajanga.

Les cocons et les fils de soie sont les deux principaux produits destinés à l’exportation. Ils se démarquent sur le marché international compte tenu du fait de leurs caractéristiques très spécifiques.

Soie sauvage

Pesage des cocons récoltés

Pour Boanamary, les sites de prélèvement se trouvent dans les ilots de forêts de mangroves appelés localement « Anosy » ou « Nosy lagera ».  Le cocon se forme à une hauteur de 1m à 2m du sol. En conséquence, pour cueillir les cocons, on doit attendre que la marée soit basse pour accéder et se faufiler dans les arbres.

Ces sites sont plus ou moins éloignés des villages d’habitation. En moyenne, le ramasseur effectue des déplacements à pied et avec pirogue sur une distance d’une dizaine de kilomètres. C’est pour cette raison que les ramasseurs s’installent temporairement hors du village pendant la période de collecte pendant quelques jours. Il n’est pas rare que c’est toute une petite famille du ramasseur qui s’absente du village pendant ce temps.

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Site de collecte de cocons

De la récolte de cocons jusqu’au tissage

La filière « soie sauvage » pratiquée à Boanamary est caractérisée par un «circuit court». Elle se compose des grands segments suivants : le ramassage de cocons de soie ; la production et la vente de cocons ; la filature de fibres de soie ; le tissage et la transformation en produits finis.

La cueillette des cocons est conditionnée par le cycle biologique naturel de l’espèce. En effet, la formation de cocons débute à partir du mois d’avril après la ponte pour la Région de Boeny. Au bout de quelques mois, le cocon atteint une taille favorable à la vente et les ramasseurs s’autorisent à les cueillir. Généralement, les ramasseurs de Boanamary effectuent l’activité de juillet en octobre. Donc dans l’année, l’activité est pratiquée pendant près de 2 à 4 mois.

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Ramasseurs de cocons

La vente des cocons est précédée de la préparation et de tri des cocons récoltés. L’opération post-récolte immédiate consiste à enlever les glandes qui enveloppent le cocon. Après, on sépare les produits en deux groupes : le cocon sans chrysalide et le cocon avec chrysalide. Ces deux types de produits sont vendus à des prix différents. Soit 20.000 Ariary le Kilo pour le premier contre 5.000 Ariary pour le second.

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Triage des cocons

Quant à la filature, les fileurs sont tous constitués de femmes. Elles sont regroupées au sein d’une association par Fokontany. On compte une dizaine de fileuses par Association. Le critère de bonne qualité du produit est l’épaisseur du fil. Plus le fil est très fin, meilleure sera sa qualité, donc il se vend plus cher.

L’opération consiste à détacher le fil de la bobine naturelle et l’enrouler après. Généralement, une fileuse a la capacité de produire 1 à 2 Kg de fils par mois. Le fil très fin peut être négocié à raison de 60.000 Ariary le kilo contre 10.000 Ariary pour le fil de basse qualité.

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Filature

Pour le tissage, le produit final du tisseur est un panneau de tissu de soie. Les intrants indispensables se composent de la teinture naturelle et bien évidemment les fils de soie. Les tisserands sont à Majunga, mais ils s’approvisionnent auprès des filateurs de Boanamary.

Concilier développement économique et préservation des ressources

La promotion de la chaîne de valeur soie sauvage des mangroves pourrait être considérée comme des activités génératrices de revenu pour les ménages riverains des forêts de mangroves en complément des activités principales que ces derniers exercent (agriculture et pêche). Cette promotion peut constituer une stratégie pour la conservation de l’écosystème de mangroves.

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Tissage

Les ramasseurs de Boanamary ont déjà reçu des formations sur l’importance de la préservation de l’espèce de soie sauvage s’ils veulent pérenniser de manière durable l’activité de collecte. En ce sens, les chrysalides vivantes récoltées sont nourries et retournées dans les forêts de mangroves en vue de repeuplement.

Telle pratique est en vérité très favorable dans la mesure où la consommation de la larve ne fait pas du tout partie des habitudes alimentaires des populations locales. Ces dernières ne se sont pas intéressées à ces espèces, compte tenu de l’abondance d’autres ressources alimentaires telles que les crustacés et les poissons.

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Chrysalide

Grâce à cette chaine de valeurs soie sauvage de mangroves, l’on assiste donc non seulement à l’amélioration des conditions de vie des ménages pratiquants mais aussi à la préservation des ressources naturelles.

Il s’agit ainsi d’un autre moyen pour concilier le développement socio-économique et la conservation de la biodiversité. Sa vulgarisation à l’échelle régionale voire nationale s’avère nécessaire. Certains organismes s’y attèlent déjà à l’instar du GIZ à travers le programme PAGE.

Sortie de la première promotion pour l’Université de Soavinandriana

L’IESSI ou Institut d’Enseignement Supérieur de Soavinandriana Itasy a été créé dans le but de déconcentrer l’Université d’Antananarivo, d’où d’ailleurs son autre nom d’Annexe de l’Université d’Antananarivo. Elle fait ainsi partie des universités de proximité qui ont été mises en place durant ces cinq dernières années par l’Etat malgache dans quelques Régions du pays.

Comme l’IESSI a ouvert ses portes en 2015, ses tout premiers étudiants viennent d’obtenir le diplôme de « Licence professionnalisante ». Une belle cérémonie pour la sortie de cette première promotion portant le nom de « Santatra » a ainsi eu lieu le vendredi 09 mars 2018 dans le campus universitaire de Soavinandriana. J’ai eu l’honneur d’assister à cette cérémonie et c’est avec plaisir que je vous partage sur ce blog son déroulement.

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La fête a commencé tôt le matin par un spectacle animé par un groupe folklorique local. Toute la cérémonie s’est tenue en plein air au sein même du campus. Différentes personnalités civiles, militaires et administratives ont honoré de leur présence ladite cérémonie, et ce sous l’égide du Ministre de l’Enseignement supérieur qui a d’ailleurs parrainé cette première promotion composée de 105 étudiants.

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Outre les discours d’usage, la cérémonie a également été marquée par la passation de fanion entre les étudiants sortants et leurs cadets. Comme il est de coutume dans ce genre d’événement, dans son discours en tant que marraine, Madame la Ministre a prodigué de nombreux conseils à ses filleuls.

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Après les discours officiels et la proclamation des résultats, le public a applaudi et s’est réjoui devant le beau spectacle offert par les étudiants. Ils ont impressionné l’assistance avec leurs danses et tenues traditionnelles.

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Les étudiants issus de chaque parcours ont respectivement montré leurs talents de danseurs. Notons que l’IESSI comprend sept parcours qui répondent généralement aux besoins de sa Région d’implantation, à savoir : Ingénierie en Energies Renouvelables, Eau et Environnement, Transformation Agroalimentaire, Gestion de l’Environnement, Gestion et Valorisation des Ressources Naturelles, Mines et Environnement,  Communication Territoriale.

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La fête s’est déroulée dans une ambiance bon enfant. Un zébu ayant été abattu pour l’occasion, tout le monde a été invité à prendre part au « nofon-kena mitam-pihavanana » pour clôturer la cérémonie. Etant donné qu’il s’agit d’une université de proximité, la joie se lisait sur les visages des parents issus majoritairement des milieux ruraux en voyant leurs progénitures diplômés de l’enseignement supérieur.

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D’après un responsable auprès de l’IESSI, pour l’obtention du diplôme de Licence, les étudiants suivent des formations continues pendant six semestres. Si les trois premiers semestres leur permettent d’acquérir une culture générale pour l’ouverture d’esprit et l’adaptabilité future, les trois autres semestres servent à leur donner des compétences pratiques pour les préparer à leurs activités professionnelles.