Urbanisme, des Collectivités locales en formation

Du 23 au 28 avril 2018 a eu lieu à Antananarivo un atelier de renforcement de capacités des collectivités territoriales décentralisées en matière de planification urbaine. La formation a eu pour objectifs de permettre entre autres aux participants de cerner les enjeux du développement urbain, de comprendre l’importance du diagnostic urbain et de savoir en réaliser, de connaître les grands outils de planification urbaine et d’être capables de discuter avec des spécialistes.

La formation a été destinée aux agents techniques, Maires et/ou autres responsables  (Secrétaire Général, Directeurs, Chefs de service, …) auprès de la Commune Urbaine d’Antananarivo et des Communes périphériques comme Alasora, Sabotsy Namehana, Itaosy, Andoharanofotsy, etc. Des responsables au sein du Ministère chargé de l’Aménagement du Territoire y ont également assisté.

IMG_0247

La formation a été composée de sessions théoriques, d’exercices pratiques et de visites sur terrain. Plusieurs thématiques ont été abordées dont la première concerne les grands enjeux de l’urbanisation dans les villes africaines et à Madagascar.  Des comparaisons ont ainsi été effectuées quand à la ressemblance du déroulement du phénomène d’urbanisation (croissance urbaine, étalement urbain, …) dans plusieurs villes d’Afrique.

Cette thématique a surtout permis aux participants de comprendre les défis de la planification urbaine. Il s’agit d’une part de faire un bilan d’aujourd’hui et d’autre part de prévoir le futur en tenant compte des grands enjeux spatiaux, sociaux, environnementaux et économiques. Parmi les thèmes ayant fait l’objet de larges explications figurent également les outils de planification territoriale à Madagascar (SNAT, PUDi, PUDé, etc.) qui ont été expliqués à l’aide d’exemples concrets.

IMG_E0260.JPG

L’autre grande thématique a touché le diagnostic urbain. Plusieurs questions ont été pour cela abordées (Comment et pourquoi faire un diagnostic? Que faire?) dans l’objectif de faire comprendre aux participants non seulement l’utilité  du diagnostic mais surtout les données nécessaires pour planifier une ville.

Une visite commentée en bus de quelques quartiers de la Capitale, avec une petite escale dans le quartier des 67ha, a été organisée dans le but de montrer aux participants que toutes les grandes thématiques urbaines qui doivent faire l’objet de diagnostic se trouvent partout, dont: l’assainissement, les zones inondables, les constructions illicites, l’encombrement des voies publiques, les infrastructures, les activités économiques, etc.

IMG_0257.JPG

La troisième thématique a eu trait aux questions de mobilité et d’urbanisme. Pour cela, les participants ont été invités à élaborer une stratégie pour résoudre par exemple les problèmes d’embouteillage en ville. Le but ayant été qu’ils comprennent par eux-mêmes qu’il y a des interventions possibles à divers niveaux. Cette session théorique a été également suivie d’une visite d’un quartier pour la présentation d’un concept de promenade collective et communautaire.

La dernière thématique de la formation traitait le volet urbanisme et gouvernance en prenant comme exemple la gestion des inondations. En effet, l’urbanisme ne s’arrête pas à la planification, mais doit aller jusqu’à la mise en oeuvre des plans et des actions. Notons que cette formation a été assurée par deux consultants internationaux avec l’appui de deux consultants nationaux. Elle a été organisée par le M2PATE en partenariat avec l’AFD et l’INDDL.

IMG_0254.JPG

Publicités

Nosy Be, d’Ambatoloaka à Lokobe

Bien que j’aie déjà écrit sur ce blog un billet plus ou moins complet sur Nosy Be, mon récent séjour pour une mission dans l’île aux parfums m’a poussé à écrire ce nouvel article qui  donne quelques détails sur d’autres localités très fréquentées par les touristes et que je vous invite à découvrir.

Ambatoloaka, une vie nocturne très animée

Tous les touristes qui passent leurs vacances à Nosy Be font ne serait-ce qu’un petit détour à Ambatoloaka. De nombreux touristes choisissent même d’y rester pendant leur séjour. Les hôtels, bars, casino et restaurants y sont d’ailleurs légion, allant des petits hôtels à pris abordables jusqu’aux grands établissements quatre étoiles comme le Royal Beach.

Ambatoloaka blog de Rasamy

Peu de choses y ont changé depuis mon dernier passage. Sauf que la route pour y accéder depuis Hell Ville se trouve dans un état de délabrement avancé. Le matin, la plage d’Ambatoloaka est quasi déserte, le quartier est totalement calme. C’est à peine croyable qu’ici le soir, c’est l’un des quartiers les plus animés du pays et les plus fréquentés par les touristes. Il s’agit donc de l’endroit idéal si vous êtes à la recherche d’une vie diurne tranquille et d’une vie nocturne très animée.

Le revers de la médaille, c’est que nous sommes ici au royaume du tourisme sexuel, où a d’ailleurs été tournée une partie du reportage sur le tourisme sexuel réalisé par une grande chaine de télé étrangère. Ce type de tourisme touche fortement les jeunes filles majeures ou encore mineures à Madagascar.

Plage Ambatoloaka Blog de Rasamy

Le Port du cratère

C’est la première fois que je visite le port du cratère de Nosy Be. Situé à environ 1,2 km d’Ambatoloaka, l’accès vers le Port est difficilement praticable. Le mieux c’est donc d’y aller à pied à partir d’Ambatoloaka en suivant la route du cratère.

La zone du cratère, une appellation due à cette grande excavation d’origine volcanique, faisait auparavant partie des plus importantes zones d’activités économiques de Nosy Be. Elle était par exemple le lieu d’implantation de la grande société de pêcheries de Nosy Be. Actuellement, on y voit uniquement la logistique pétrolière, une société qui s’occupe du stockage et du transport des produits pétroliers sur Nosy Be.

Port du cratère blog de Rasamy

Ce lieu étant devenu le mouillage des bateaux de plaisance et des bateaux de propriétaires, vous serez surpris de voir ici une multitude de catamarans, voiliers et vedettes. Certaines embarcations venant des autres îles de l’Océan Indien y jetteraient également leurs ancres pour une escale de quelques heures ou jours. Vous y verrez également de nombreuses boutres traditionnelles appartenant aux pêcheurs locaux.

Ambatozavavy, un magnifique village de pêcheurs

Situé à 11 Km d’Hell Ville, en prenant une bifurcation à droite sur la route de l’Aéroport, Ambatozavavy est un magnifique village de pêcheurs. Accessible même en taxi, la route traverse les plantations parfumées d’ylang-ylang. Vous pourrez même visiter une unité de distillation de cette plante aromatique très emblématique de Nosy Be.

Ambatozavavy Blog de Rasamy

La baie d’Ambatozavavy figure parmi les principaux lieux d’approvisionnement en produits de mer comme les crabes, langoustes et poissons pour le Centre-ville et d’autres  nombreuses localités hautement touristiques de l’île de Nosy Be. Vous mangerez uniquement ici des produits de mer fraichement pêchés. Le grillade de fruits de mer est une spécialité locale.

Outre la présence en son sein de l’Institut National du Tourisme et de l’Hôtellerie ou INTH, un centre de formation pour des métiers de base en tourisme et hôtellerie de Nosy Be, la particularité d’Ambatozavavy réside également dans le fait qu’il s’agit du point de départ pour visiter la Réserve de Lokobe en pirogue.

Plage Ambatozavavy Blog de Rasamy

Lokobe, une belle forêt riche en biodiversité

Madagascar National Parks a récemment créé un nouveau Parc National à Nosy Be, il s’agit du Parc National de Lokobe, lequel accueille déjà de nombreux visiteurs quotidiennement. Pour ma part, j’ai choisi de visiter la forêt gérée par la communauté locale. Pour y aller, il faut prendre une pirogue à partir d’Ambatozavavy.

Lokobe Blog de Rasamy

Après avoir ramé pendant à peu près une heure de temps sur une eau translucide et à proximité de différentes formations de mangroves, vous arriverez au niveau d’un autre village de pêcheurs. Vous pourrez en même temps avoir ici l’occasion d’observer des artisans en train de fabriquer leurs propres pirogues en utilisant uniquement des matériaux locaux.

Réserve Lokobe Blog de Rasamy

La visite se poursuit par une marche d’environ deux heures dans la belle forêt tropicale de  Lokobe où les lémuriens comme le Eulemur macaco, l’espèce phare de la Réserve ainsi que d’autres espèces faunistiques caractéristiques du pays vous attendent. La végétation est parfois composée de gros arbres ainsi que de plantes exotiques comme les vanilliers et ravenala.

Soie sauvage, un moyen pour préserver les mangroves de Madagascar ?

Ce billet résulte d’une visite que nous avons effectuée dans la Commune Rurale de Boanamary dans le cadre d’une étude en vue du développement de la chaine de valeurs soie sauvage de mangroves dans la Région de Boeny.

En quittant la ville de Mahajanga, si vous suivez la RN4 en direction de Tanà sur une distance de 18km, puis vous allez bifurquer à droite et suivre une piste d’une longueur de 18 km également, vous arriverez dans la Commune rurale de Boanamary.

Ville Boanamary

Village de Boanamary

Cette bourgade rurale, d’une population de 10.000 habitants, a été auparavant l’une des Communes rurales les plus industrialisées de Madagascar. Elle avait en son sein entre autres une usine de conserverie de viandes, un port en eau profonde et une grande cimenterie du groupe Lafarge. Malheureusement, de toutes ces infrastructures, il n’en reste plus que des ruines. Même l’ancienne belle route goudronnée pour y accéder est devenue difficilement praticable. Une vraie dégringolade, à l’image du pays tout entier.

Suite à la disparition de ces industries (la cimenterie a cessé de fonctionner depuis 2004), la population locale s’est tournée vers la pêche dans la Baie et surtout vers l’exploitation illicite des mangroves pour la production de charbon de bois. D’où une forte dégradation de ce type de forêt et de sa biodiversité.

Lafarge

Ancienne cimenterie

L’une des rares choses positives actuellement est le développement de la filière soie sauvage grâce à l’initiative d’une association des femmes. Eh oui, d’habitude dès qu’on parle de soie sauvage à Madagascar, l’on pense immédiatement à la forêt de Tapia dans l’Itasy ou à Amoron’i Mania sur les Hautes Terres malgaches. Peu de gens savent l’existence de soie sauvage de mangroves.

Boanamary, le centre de production de soie sauvage de mangroves dans tout Madagascar

La soie sauvage est un fil produit par une chenille séricigène appelée Borocera madagascariensis. De la famille de Lasiocapidea, cette espèce est endémique de Madagascar et elle colonise principalement les forêts de Tapia.  La chenille est très nuisible par son action défoliatrice. Plus concrètement, elle consomme en abondance les feuilles des arbres de sa zone d’habitat.

Ici, il n’y a pas de forêt de Tapia, mais le ver à soie se développe en abondance sur les mangroves. Cette filière constitue une source de revenus secondaire pour plusieurs dizaines de ménages qui y interviennent depuis la collecte des cocons jusqu’au tissage en passant par leur transformation en fil de soie. L’atelier de tissage se trouve par contre à Mahajanga.

Soie sauvage

Soie sauvage de mangrove

L’exploitation de la soie sauvage de mangroves par la collecte des cocons y datait au temps de la royauté pour alimenter les ateliers régionaux des Hautes Terres (Régions de l’Imerina et du Betsileo). Cette collecte fût abandonnée au milieu du XXè siècle pour se reprendre au cours des dix dernières années sous la conduite d’une association dénommée FEEM ou Femme Entrepreneurs et Environnement de Mahajanga.

Les cocons et les fils de soie sont les deux principaux produits destinés à l’exportation. Ils se démarquent sur le marché international compte tenu du fait de leurs caractéristiques très spécifiques.

Soie sauvage

Pesage des cocons récoltés

Pour Boanamary, les sites de prélèvement se trouvent dans les ilots de forêts de mangroves appelés localement « Anosy » ou « Nosy lagera ».  Le cocon se forme à une hauteur de 1m à 2m du sol. En conséquence, pour cueillir les cocons, on doit attendre que la marée soit basse pour accéder et se faufiler dans les arbres.

Ces sites sont plus ou moins éloignés des villages d’habitation. En moyenne, le ramasseur effectue des déplacements à pied et avec pirogue sur une distance d’une dizaine de kilomètres. C’est pour cette raison que les ramasseurs s’installent temporairement hors du village pendant la période de collecte pendant quelques jours. Il n’est pas rare que c’est toute une petite famille du ramasseur qui s’absente du village pendant ce temps.

Soie sauvage

Site de collecte de cocons

De la récolte de cocons jusqu’au tissage

La filière « soie sauvage » pratiquée à Boanamary est caractérisée par un «circuit court». Elle se compose des grands segments suivants : le ramassage de cocons de soie ; la production et la vente de cocons ; la filature de fibres de soie ; le tissage et la transformation en produits finis.

La cueillette des cocons est conditionnée par le cycle biologique naturel de l’espèce. En effet, la formation de cocons débute à partir du mois d’avril après la ponte pour la Région de Boeny. Au bout de quelques mois, le cocon atteint une taille favorable à la vente et les ramasseurs s’autorisent à les cueillir. Généralement, les ramasseurs de Boanamary effectuent l’activité de juillet en octobre. Donc dans l’année, l’activité est pratiquée pendant près de 2 à 4 mois.

Soie sauvage

Ramasseurs de cocons

La vente des cocons est précédée de la préparation et de tri des cocons récoltés. L’opération post-récolte immédiate consiste à enlever les glandes qui enveloppent le cocon. Après, on sépare les produits en deux groupes : le cocon sans chrysalide et le cocon avec chrysalide. Ces deux types de produits sont vendus à des prix différents. Soit 20.000 Ariary le Kilo pour le premier contre 5.000 Ariary pour le second.

Soie sauvage

Triage des cocons

Quant à la filature, les fileurs sont tous constitués de femmes. Elles sont regroupées au sein d’une association par Fokontany. On compte une dizaine de fileuses par Association. Le critère de bonne qualité du produit est l’épaisseur du fil. Plus le fil est très fin, meilleure sera sa qualité, donc il se vend plus cher.

L’opération consiste à détacher le fil de la bobine naturelle et l’enrouler après. Généralement, une fileuse a la capacité de produire 1 à 2 Kg de fils par mois. Le fil très fin peut être négocié à raison de 60.000 Ariary le kilo contre 10.000 Ariary pour le fil de basse qualité.

Soie sauvage

Filature

Pour le tissage, le produit final du tisseur est un panneau de tissu de soie. Les intrants indispensables se composent de la teinture naturelle et bien évidemment les fils de soie. Les tisserands sont à Majunga, mais ils s’approvisionnent auprès des filateurs de Boanamary.

Concilier développement économique et préservation des ressources

La promotion de la chaîne de valeur soie sauvage des mangroves pourrait être considérée comme des activités génératrices de revenu pour les ménages riverains des forêts de mangroves en complément des activités principales que ces derniers exercent (agriculture et pêche). Cette promotion peut constituer une stratégie pour la conservation de l’écosystème de mangroves.

Soie sauvage

Tissage

Les ramasseurs de Boanamary ont déjà reçu des formations sur l’importance de la préservation de l’espèce de soie sauvage s’ils veulent pérenniser de manière durable l’activité de collecte. En ce sens, les chrysalides vivantes récoltées sont nourries et retournées dans les forêts de mangroves en vue de repeuplement.

Telle pratique est en vérité très favorable dans la mesure où la consommation de la larve ne fait pas du tout partie des habitudes alimentaires des populations locales. Ces dernières ne se sont pas intéressées à ces espèces, compte tenu de l’abondance d’autres ressources alimentaires telles que les crustacés et les poissons.

Soie sauvage

Chrysalide

Grâce à cette chaine de valeurs soie sauvage de mangroves, l’on assiste donc non seulement à l’amélioration des conditions de vie des ménages pratiquants mais aussi à la préservation des ressources naturelles.

Il s’agit ainsi d’un autre moyen pour concilier le développement socio-économique et la conservation de la biodiversité. Sa vulgarisation à l’échelle régionale voire nationale s’avère nécessaire. Certains organismes s’y attèlent déjà à l’instar du GIZ à travers le programme PAGE.

Madagascar, le baobab sous toutes ses formes

Dès qu’on prononce le mot Madagascar, l’on pense immédiatement aux lémuriens, mais pas que, car la Grande île est également très connue pour ses baobabs. Ce billet ne parlera toutefois pas des baobabs les plus célèbres que vous connaissez déjà par coeur à l’instar de l’allée de baobab de Morondava, ou du vieux baobab du bord de Majunga, mais plutôt des baobabs dans une forêt située à Mangily, soit à une trentaine de kilomètres au nord de la ville de Toliara.

Sachez tout d’abord que sur les neuf espèces de baobabs recensées dans le monde, sept sont endémiques de Madagascar. Si la plupart sont connus pour leur grande taille pouvant atteindre 30 mètres de circonférence et 40 mètres de haut, les baobabs de Mangily ne mesurent que quelques mètres et appartiennent surtout à l’espèce Adansonia rubrostipa. En effet, reconnaissable à ses feuilles dentelées, c’est l’espèce de baobab généralement la plus petite.

IMG_9794

La nature vous réserve ici d’énormes surprises. Vous trouverez une multitude d’individus prenant des formes très variées et parfois mirifiques. Le long d’un circuit d’une durée d’une heure, vous serez ébaubis devant des baobabs ayant des allures plutôt inhabituelles, à commencer par le baobab « carotte ».

Carotte

Certains individus se regroupent pour former toute « une famille » de baobabs composée  des « parents » et de leurs « enfants » d’âges différents. Se trouver au milieu de ces baobabs vous permettra de mieux apprécier la beauté du paysage.

Big family 1

En parcourant la forêt, vous rencontrerez également d’autres formes de regroupement à l’instar des « trois soeurs ». Vous remarquerez en même temps les autres espèces végétales caractéristiques de cette zone, tels que les Pachypodiums, les cactus et les épineux.

Baobabs "trois soeurs"

Pas très loin de ces « trois soeurs » se dressent les « quatre frères ». L’on constate que les « soeurs » ont l’air plus jeunes que leurs « frères ». C’est d’autant plus impressionnant que ces individus situés côte-à-côte ont peu ou prou la même taille.

Baobab "quatre frères"

Votre étonnement sera d’autant plus grand quand le guide accompagnateur du site vous indiquera deux baobabs prenant chacun une forme sidérante et insolite. Il s’agit d’un côté du baobab « penis », reconnaissable facilement à son penis un peu court mais volumineux.

Baobab penis

De l’autre côté, vous serez sans voix devant le baobab « fesse » avec ses deux jambes en l’air dans l’objectif inavouable de montrer aux visiteurs son « sexe féminin ».

Baobab "fesse"

Leur diversité morphologique ne s’arrête pas là tout comme les surprises qui vous attendent. Chez les baobabs, il semble aussi y avoir de l’amour comme il pourrait y avoir de la guerre. D’un côté, vous observerez donc deux baobabs « amoureux » qui sont en train de s’enlacer sans jamais s’en lasser.

Baobabs amoureux

De l’autre côté, ne soyez pas étonnés de voir deux baobabs « divorcés ». Ne me demandez pas comment ni pourquoi, mais c’est comme ça, même le guide aura du mal à vous répondre.

Baobabs divorcés

Un autre individu de baobab ressemble étrangement à un « fauteuil » sur lequel vous pouvez vous asseoir confortablement après plusieurs dizaines de minutes de marche sous un soleil de plomb.

Baobab Fauteuil

Selon la croyance malgache, « lors de ces improbables journées de création, alors que Dieu achevait les végétaux, il termina son œuvre par un exemplaire majestueux qui aurait été l’ancêtre du baobab. Celui-ci devint un monstre d’orgueil et pour le ramener à plus d’humilité, Dieu l’arracha pour le replanter à l’envers. De sa superbe, il aura gardé son grand tronc renflé, et se prolonge dorénavant dans le ciel par ses racines”.

Ces « racines aériennes » peuvent également avoir un aspect assez singulier, c’est le cas de ce baobab dénommé « rasta ».

Baobab Rasta

Notez qu’ici  vous aurez l’opportunité de grimper sur ces arbres majestueux, une expérience à vivre ne serait qu’une seule fois dans la vie. Une fois au sommet de ce baobab « escalade », vous aurez une vue impregnable sur l’ensemble de la forêt jusqu’à l’océan qui se trouve à quelques kilomètres de là.

Baobab escalade

Sortie de la première promotion pour l’Université de Soavinandriana

L’IESSI ou Institut d’Enseignement Supérieur de Soavinandriana Itasy a été créé dans le but de déconcentrer l’Université d’Antananarivo, d’où d’ailleurs son autre nom d’Annexe de l’Université d’Antananarivo. Elle fait ainsi partie des universités de proximité qui ont été mises en place durant ces cinq dernières années par l’Etat malgache dans quelques Régions du pays.

Comme l’IESSI a ouvert ses portes en 2015, ses tout premiers étudiants viennent d’obtenir le diplôme de « Licence professionnalisante ». Une belle cérémonie pour la sortie de cette première promotion portant le nom de « Santatra » a ainsi eu lieu le vendredi 09 mars 2018 dans le campus universitaire de Soavinandriana. J’ai eu l’honneur d’assister à cette cérémonie et c’est avec plaisir que je vous partage sur ce blog son déroulement.

promo_IESSI_rasamy

La fête a commencé tôt le matin par un spectacle animé par un groupe folklorique local. Toute la cérémonie s’est tenue en plein air au sein même du campus. Différentes personnalités civiles, militaires et administratives ont honoré de leur présence ladite cérémonie, et ce sous l’égide du Ministre de l’Enseignement supérieur qui a d’ailleurs parrainé cette première promotion composée de 105 étudiants.

sortie_promo_IESSI_rasamy

Outre les discours d’usage, la cérémonie a également été marquée par la passation de fanion entre les étudiants sortants et leurs cadets. Comme il est de coutume dans ce genre d’événement, dans son discours en tant que marraine, Madame la Ministre a prodigué de nombreux conseils à ses filleuls.

sortie_promo_IESSI_blog_rasamy

Après les discours officiels et la proclamation des résultats, le public a applaudi et s’est réjoui devant le beau spectacle offert par les étudiants. Ils ont impressionné l’assistance avec leurs danses et tenues traditionnelles.

sortie_promo_IESSI_blog_rasamy

Les étudiants issus de chaque parcours ont respectivement montré leurs talents de danseurs. Notons que l’IESSI comprend sept parcours qui répondent généralement aux besoins de sa Région d’implantation, à savoir : Ingénierie en Energies Renouvelables, Eau et Environnement, Transformation Agroalimentaire, Gestion de l’Environnement, Gestion et Valorisation des Ressources Naturelles, Mines et Environnement,  Communication Territoriale.

sortie_promo_IESSI_blog_rasamy

La fête s’est déroulée dans une ambiance bon enfant. Un zébu ayant été abattu pour l’occasion, tout le monde a été invité à prendre part au « nofon-kena mitam-pihavanana » pour clôturer la cérémonie. Etant donné qu’il s’agit d’une université de proximité, la joie se lisait sur les visages des parents issus majoritairement des milieux ruraux en voyant leurs progénitures diplômés de l’enseignement supérieur.

sortie_promo_IESSI_blog_rasamy

D’après un responsable auprès de l’IESSI, pour l’obtention du diplôme de Licence, les étudiants suivent des formations continues pendant six semestres. Si les trois premiers semestres leur permettent d’acquérir une culture générale pour l’ouverture d’esprit et l’adaptabilité future, les trois autres semestres servent à leur donner des compétences pratiques pour les préparer à leurs activités professionnelles.